En accord avec le Conservatoire du Littoral, le Département de la Manche, et la DRAC de Normandie, pour le 5e été consécutif, LPMH a organisé un chantier de bénévoles à Tatihou. Comme en août dernier, 2 chantiers sont menés en parallèle : au fort de l’îlet et sur le « mur de garantie » derrière la tour Vauban.

Pour la 2e année, LPMH a embauché pour la semaine un encadrant pédagogique, maçon spécialiste des monuments historiques en milieu maritime : Charles-Louis Roseau. Il a pour mission d’animer le chantier du fort de l’îlet. Cela permet à Patrice Berton, responsable des chantiers de LPMH, un des co-fondateurs de l’association, de se concentrer sur le chantier du mur de garantie. A marée haute, l’équipe qu’encadre Charles-Louis Roseau se rend sur le mur de garantie.
Cette année encore, nous accueillons pour la semaine 8 bénévoles venus de toute la France, et même 2 du Maroc et un de Pologne, tous venus grâce à l’Union REMPART à laquelle LPMH appartient.
Mardi 19 août : les 8 bénévoles REMPART sont accueillis par Frédéric Almaviva, président de LPMH (avec chapeau), Patrice Berton (à sa gauche), responsable des chantiers, et Charles-Louis Roseau (à droite en n° 10), animateur pédagogique. Deux bénévoles locaux membres du CA de LPMH (avec casquette) complètent l’équipe du premier jour :

L’hébergement des bénévoles est assuré dans l’auberge de jeunesse des Maisons de Tatihou, hébergement en partie financé par le Département de la Manche.
Cette année encore la Fondation du Patrimoine nous attribué une subvention pour l’achat de blocs de granite de parement pour le fort de l’îlet.
Mardi 19 août : installation du chantier :
LPMH dispose d’une ancienne poudrière transformée en local technique où sont conservés bétonnière, brouettes, sceaux, outils, échafaudages, etc. Les bénévoles commencent par apporter d’une part au fort de l’îlet et d’autre part au « mur de garantie » une bétonnière, un groupe électrogène, un échafaudage, des sacs de chaux, des outils de maçonnerie…
Le tracteur des services techniques départementaux apporte un gros sac jaune contenant 300 kg de sable et 3 sacs de chaux pour faire des joints, et les blocs de granite financés par une subvention de la Fondation du patrimoine et destinés à combler des amorces de brèches :


Malheureusement, alors que les bénévoles commencent à monter l’échafaudage, la pluie s’installe :

L’averse est forte et on ne peut guère s’abriter…

Tous les bénévoles sont trempés et doivent retourner à l’auberge de jeunesse pour se changer. La pluie calmée, l’installation des 2 chantiers peut reprendre à 15h.
Au mur de garantie, le tracteur des services techniques a placés 2 gros sacs de 1 tonne de sable au plus près du chantier. C’est avec pelles, sceaux et brouettes que l’ensemble des bénévoles déplacent ces 2 tonnes de sable sur 150 m, jusqu’à la brèche qui doit être comblée :

A. Chantier du fort de l’îlet
L’absence d’entretien des joints du fort de l’îlet depuis plusieurs décennies et l’assaut continu des vagues provoquent régulièrement la chute de pierres de parement. Notre association a mené un premier chantier de restauration en août 2022. Les bénévoles de LPMH ont alors comblé la brèche principale située sur le rempart Ouest, face au port de Saint-Vaast. Voir chantier d’août 2022. Reste à achever cette restauration en complétant le parement.

En août 2023, 2 brèches furent comblées sur le rempart Est :

En août 2024 les joints creux du rempart Est, le plus exposé aux vagues, ont été comblés à hauteur d’homme : 
En août 2025, le haut du parement de l’arche n° 2 du rempart Sud a été complété avec des blocs acquis grâce au soutien de la Fondation du Patrimoine :

L’association s’est donnée pour mission d’assurer l’entretien du fort de l’îlet et de prévenir l’apparition de brèches importante. Chaque printemps, l’association fait une visite au fort de l’îlet pour recenser les blocs de parement emportés par les tempêtes d’hiver. Si rien n’est entrepris pour combler ces amorces de brèche, ce sont plusieurs blocs qui risquent d’être arracher lors des tempêtes suivantes. C’est ce qui se produisait au cours des années passées.
Voilà l’exemple d’une des 4 amorces de brèche comblées en août 2025 :


A. 1. Joints sur le rempart Est
En 2025, nous avons refaits les joints sur toute la hauteur de l’arche n°6 du rempart Est, rempart le plus exposé aux tempêtes :

Cette année, nous avons monté 2 échafaudage pour compléter les joints sur les arches n°4 et 5 adjacentes :

La partie supérieure de l’arche n°5 va être complétée grâce aux blocs de la Fondation du Patrimoine.


Après 3 jours de travail, les échafaudages sont démontés : 3 arches sont désormais complétement rejointoyées :

B. Chantier sur le mur de garantie
Un « mur de garantie » ceinture l’île de Tatihou et la protège des tempêtes :
La partie Sud fait l’objet d’un entretien régulier par le Département de la Manche.
Détail du mur de garantie Sud. Les réparations récentes sont visibles sur ces images aériennes du photographes Jérôme Houyvet.
En revanche, le mur de garantie Est, très exposé aux tempêtes, est en grande partie détruit faute d’entretien depuis une quarantaine d’années. Une lagune se développe sur la pointe Est de l’île :

En août 2024, le Département a encouragé notre association à organiser un premier chantier avec des bénévoles sur le « mur de garantie » Est, un peu au-delà de la tour Vauban. Faute d’un entretien régulier, cet ouvrage présente de nombreuses fragilité et amorces de brèche.
En août 2024, nous avons refait les joints sur les premiers 20 m et comblé au 3/4 une brèche de 2 m² :

Août 2024 : reprise des joints : 
Août 2024 : brèche réparée :


Août 2024 : faute d’échafaudage, nous n’avions pu combler la partie haute :

Achever cette réparation fut le premier objectif d’août 2025 :


Objectif atteint le 3e jour du chantier :


Depuis notre chantier d’août 2024, la mer a détruit en février 2025 un morceau de la partie haute du mur, une partie que nous n’avions pas eu le temps rejointer en août 2024.

Patrice Berton, le chef de chantier, décide que faute de temps, nous allons seulement « cristalliser » cette brèche pour éviter qu’elle ne s’agrandisse, et nous concentrer sur 2 amorces de brèche A et B en partie basse du mur, une dizaine de mètres plus loin :

« Cristallisation » de la brèche avec remise en place de blocs sur le point de tomber :



Il faut combler l’amorce de brèche A :

Du mortier liquide (« coulis de chaux ») est versé dans les interstices avec un tuyau :


La brèche A est comblée :

Brèche B :
Un bloc était sur le point de tomber. Grâce à un palan, il est remis en place à l’horizontal :

Il faut purger les anciens joints :


L’amorce de brèche B est comblée :

Vendredi 22 août, dernières heures du chantier : les coefficients de marées augmentent et la mer vient lécher nos joints à peine secs. Un bénévole songe déjà au chantier de l’été 2026 . . .

